Yi king (livre des Mutations)

Classique chinois écrit au 8ème siècle avant JC

La seule chose qui ne changera jamais
C’est que tout est toujours en train de changer.

Julos Beaucarne

In « Mon terroir c’est les galaxies » (1978), disponible en CD chez EPM musique

Croyez en l’extase des nuages
qui traversent les grands horizons,
au petit vent du soir,
au cœur de l’été chaud.
Croyez en la douceur d’une amitié,
d’un amour,
à la main qui serre votre main.
Car demain, mais n’y pensez pas,
demain éclateront peut-être
les nuages et l’orage emportera,
vos amours.
Tenez-vous serrés,
ne vous endormez pas sur un reproche
non formulé,
endormez-vous réconciliés.
vivez le peu que vous vivez
dans la clarté.

Henri Matisse

Peintre 1865-1954

Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir

Rainer Maria Rilke « lettres à un jeune poète » 1904

Les dragons de notre vie

Peut-être tous les dragons de notre vie sont-ils des princesses qui n’attendent que le moment de nous voir un jour beaux et courageux. Peut-être que toutes les choses qui font peur sont au fond des choses laissées sans secours qui attendent de nous le secours. Pensez qu’il se produit quelque chose en vous, que la vie ne vous a pas oublié, qu’elle vous tient dans sa main ; elle ne vous abandonnera pas.Pourquoi voulez-vous exclure de votre vie toute inquiétude, toute souffrance, toute mélancolie alors que vous ignorez leur travail en vous.

Aussi, ne devriez-vous pas vous effrayer quand se lève devant vous une grande tristesse, comme vous n’en n’avez jamais vu de tel.

Pourquoi vouloir vous torturer en vous demandant d’où tout cela peut bien venir et à quoi tout cela aboutira ?

 Vous savez bien que vous êtes dans des états transitoires et que vous ne désirez rien tant que de vous transformer. Si certains de vos états sont maladifs, considérez que la maladie est le moyen qu’a l’organisme pour se libérer de ce qui lui est étranger ; il faut alors simplement l’aider à être malade, à avoir la maladie dans sa totalité, à la laisser se déclarer, car c’est par là qu’il progresse…

Vous êtes le médecin qui doit veiller sur lui même… Et voilà ce qu’il faut faire avant tout pour autant que vous soyez votre médecin.

Thich Nhat Hanh

Maître vietnamien né en 1926

Vivre en pleine conscience, ralentir
Son pas et goûter chaque seconde et
Chaque respiration, cela suffit.

Khalil Gibran

Le prophète

Nous te demanderons maintenant de nous parler de la mort…

Vous voudriez connaître le secret de la mort
Mais comment le découvrirez vous si vous ne le cherchez dans le cœur de la vie ?
Le hibou dont les yeux de nuit sont aveugles au jour
Ne peut dévoiler le mystère de la lumière.
Si vous voulez vraiment contempler l’esprit de la mort,
ouvrez largement votre cœur au corps de la vie.
Car la vie et la mort ne sont qu’une seule et même chose,
Comme le fleuve et la mer ne sont qu’une seule et même chose. Dans les profondeurs de vos espérances et de vos désirs, s’abrite votre silencieuse connaissance de l’au-delà ;
Et comme des grains rêvant sous la neige, votre cœur rêve du printemps.
Faites confiance aux rêves, car en eux se cache le portail de l’éternité.

Votre peur de la mort ressemble au tremblement du berger quand il se tient devant le roi et que le roi étend sa main pour la poser sur lui en signe d’honneur.
Le berger ne se réjouit-il pas sous son tremblement de ce qu’il portera l’insigne d’honneur.
Et cependant, n’est-il pas plus conscient de sa peur que de sa joie ?

Qu’est-ce qu’en effet mourir sinon se tenir nu dans le vent et se dissoudre dans le soleil ?
Et qu’est-ce que cesser de respirer sinon libérer l’haleine de son flux turbulent afin qu’elle s’élève et s’étende et cherche Dieu librement ?

C’est seulement quand vous boirez du fleuve du silence que vous chanterez vraiment.
C’est quand vous aurez atteint le sommet de la montagne que vous commencerez à monter.
Et c’est seulement quand la terre réclamera vos membres que vous saurez danser.

Kodo Sawaki

Notre expiration
Est celle de l’univers entier.
A chaque instant, nous réalisons
Ainsi la grande œuvre illimitée.
Avoir cet esprit-là,
c’est faire disparaître tout malheur
et engendrer l’absolu.

Rosa Luxembourg

Lettres de prison, trad. M.Aubreuil, BergInternational éditeur, 1989 

Je suis restée sous le charme
d’un immense nuage d’une belle teinte rose,
tellement irréelle que l’on aurait dit un
sourire, un salut venant d’horizons inconnus.
J’ai éprouvé comme une libération et, sans le vouloir,
J’ai tendu mes deux mains vers cette apparition magique.
N’est ce pas que la vie est belle et vaut la peine d’être vécue, quand elle nous offre de telles couleurs et de telles formes…
Au milieu de ténèbres, je souris à la vie,
comme si je connaissais la formule magique
Qui change le mal et la tristesse en clarté de bonheur.
Alors je cherche une raison à cette joie, je n’en trouve pas et ne puis m’empêcher de sourire de moi-même.
Je crois que la vie elle-même est l’unique secret.

François CHENG

Vraie lumière née de vraie nuit, édition du Cerf, 2009

S’abaisser jusqu’à l’humus où se loge
La promesse du souffle originel. Unique lieu
De transmutation où frayeurs et douleurs
Se découvrent paix et silence. Se joignent alors
Pourri et nourri, ne font qu’un terme et germe.
Lieu du choix : la voie de mort mène au néant,
Le désir de vie mène à la vie. Oui, le miracle a lieu,
Pour que tout ait une fin et que pourtant
_____________toute fin puisse être naissance.

S’abaisser jusqu’à l’humus, consentir
A être humus même. Unir la souffrance portée
Par soi à la souffrance du monde ; unir
Les voix tues au chant d’oiseau, les os givrés
____________Au vacarme des perce-neige !

Antonio Machado

Marcheur, ce sont tes traces
ce chemin, et rien de plus ;
Marcheur, il n’y a pas de chemin,
Le chemin se construit en marchant.
En marchant se construit le chemin,
Et en regardant en arrière
On voit la sente que jamais
On ne foulera à nouveau.
Marcheur, il n’y a pas de chemin,
Seulement des sillages sur la mer.

Maître Sekito

San Do Kaï – « l’essence et les phénomènes s’interpénètrent »

Dans l’obscurité existe la lumière,
ne regardez pas
avec une vision obscure.
Dans la lumière existe l’obscur,
ne regardez pas
avec une vision lumineuse.
Lumière et obscurité
créent une opposition,
mais dépendent l’une de l’autre
comme le pas de la jambe droite
dépend du pas de la jambe gauche.

Christian Bobin

L’éloge du rien , édition Fata Morgana

L’attente est une fleur simple. Elle pousse au bord du temps. C’est une fleur pauvre qui guérit tous les maux. Le temps d’attendre est un temps de délivrance. Cette délivrance opère en nous à notre insu. Elle ne nous demande rien que de la laisser faire, le temps qu’il faut, les nuits qu’elle doit.

Sans doute l’avez-vous remarqué : notre attente- d’un amour, d’un printemps, d’un repos -est toujours comblée par surprise. Comme si ce que nous espérions était toujours inespéré. Comme si la vraie formule d’attendre était celle-ci : ne rien prévoir -sinon l’imprévisible. Ne rien attendre -sinon l’inattendu.

Ohiyesa, écrivain indien contemporain

Le silence est l’équilibre absolu du corps, de l’esprit et de l’âme. L’homme qui préserve l’unité de son être reste à jamais calme et inébranlable devant les tempêtes de l’existence – pas une feuille qui bouge sur l’arbre, pas une ride à la surface étincelante du lac – voilà, aux yeux du sage illettré, l’attitude idéale et la meilleure conduite de vie.

Si vous lui demandez : « Qu’est-ce que le silence ? », il répondra : « C’est le Grand Mystère ! » « Le silence sacré est Sa voix ! »

Si vous demandez : « Quels sont les fruits du silence ? » , il dira : « C’est la maîtrise de soi, le courage vrai ou l’endurance, la patience, la dignité et le respect. Le silence est la pierre d’angle du caractère. »

Rabindranath Tagore

« l’Offrande lyrique » 

Le même fleuve de vie
Qui court à travers mes veines nuit et jour
Court à travers le monde
Et danse en pulsations rythmées.

C’est cette même vie qui pousse à travers la poudre
De la terre sa joie en innombrables brins d’herbe,
Et éclate en fougueuses vagues de feuilles
Et de fleurs.

C’est cette même vie que balancent flux et reflux
Dans l’océan-berceau de la naissance et de la mort.

Je sens mes membres glorifiées au toucher
De cette vie universelle.
Et je m’ennorgueillis,
Car le grand battement de la vie des âges

C’EST DANS MON SANG QU’IL DANSE EN CE MOMENT.

Strophe du Lledze Hatal

Chant shaman navajo

La beauté devant moi fasse que je marche
La beauté derrière moi fasse que je marche
La beauté au-dessus de moi fasse que je marche
La beauté au-dessous de moi fasse que je marche
La beauté tout autour de moi fasse que je marche