• Dernière modification de la publication :20 mai 2026

Une approche globale de l’être humain

La médecine traditionnelle chinoise (MTC) repose sur une vision globale de l’être humain, considéré comme intimement lié à son environnement. Selon cette approche, l’homme fait partie intégrante de la nature et les déséquilibres physiques ou émotionnels résultent souvent d’une rupture d’harmonie entre l’individu et son milieu de vie.

La MTC cherche à comprendre les causes profondes des déséquilibres en s’intéressant notamment :

  • aux habitudes de vie (alimentation, rythme quotidien, sommeil) ;
  • au lieu de vie (habitation, climat, environnement) ;
  • aux émotions anciennes ou récentes (séparation, deuil, changement professionnel, stress chronique, frustrations, etc.).

Le système des méridiens, qui parcourt l’ensemble du corps, est considéré comme un réseau complexe transportant les informations nécessaires au bon fonctionnement physique et psychique. L’acupuncture agit sur cette circulation du Qi, l’énergie vitale.


Une philosophie du changement

Le Yi Jing : le Livre des Transformations

Le Yi Jing (ou Yi King), appelé également Livre des Mutations ou Livre des Transformations, est l’un des textes fondateurs de la pensée chinoise traditionnelle. Datant du premier millénaire avant notre ère, il fut utilisé pendant des siècles comme ouvrage philosophique et divinatoire.

Dans la tradition chinoise, consulter le Yi Jing revient à interroger une dynamique de transformation intérieure. Après avoir mûri une question, l’ouverture « au hasard » du livre invite à réfléchir à une situation sous un angle nouveau.

Par exemple :

 » Comment avancer dans mon problème de surpoids ? « 

L’ouverture peut conduire à l’hexagramme 48 :

Hexagramme 48 Jing :  » le puits » en traduction française»

Cet hexagramme invite à aller au fond de soi-même afin de retrouver des ressources profondes déjà présentes mais parfois oubliées.

Il rappelle l’importance de rester fidèle à son être intérieur plutôt que de se laisser distraire par les influences extérieures : l’eau pure se trouve au fond du puits, non à sa surface.

Dans cette perspective, le travail sur le poids ne consiste pas uniquement à modifier l’alimentation, mais aussi à retrouver une relation plus juste avec soi-même, son intuition et ses véritables besoins.


L’acupuncture et la perte de poids

Lever les blocages énergétiques

Selon la médecine chinoise, le surpoids n’a pas une cause unique. Il résulte souvent d’un déséquilibre énergétique impliquant plusieurs organes et fonctions physiologiques.

Quels points et quelles techniques recommande la médecine traditionnelle chinoise ?

En médecine traditionnelle chinoise (MTC), le surpoids est considéré comme un déséquilibre énergétique impliquant principalement la Rate, l’Estomac, le Foie et les Reins. L’objectif de l’acupuncture n’est donc pas uniquement de faire perdre du poids, mais de restaurer un meilleur équilibre du corps, de réguler l’appétit et d’améliorer la digestion.

Les recherches scientifiques suggèrent que l’acupuncture pourrait constituer un accompagnement intéressant dans la prise en charge du surpoids, notamment lorsqu’elle est associée à une alimentation équilibrée, à une activité physique régulière et à une meilleure gestion du stress. Toutefois, les auteurs rappellent que les études restent parfois hétérogènes et que l’acupuncture ne doit pas être présentée comme une solution miracle.

Les points d’acupuncture les plus utilisés

Les études sur l’acupuncture et l’obésité retrouvent fréquemment certains points classiques de la médecine chinoise. Parmi les plus utilisés figurent : E25 (Tianshu) ; E36 (Zusanli) ; RP6 (Sanyinjiao).

E25 – Tianshu : réguler l’Estomac et les intestins

Le point E25 se situe de part et d’autre du nombril. En médecine chinoise, il est traditionnellement utilisé pour :

  • réguler le transit ;
  • réduire les stagnations digestives ;
  • améliorer la transformation des aliments ;
  • diminuer les sensations de lourdeur abdominale.

Ce point est particulièrement employé dans les tableaux de mucosités et d’humidité digestive, souvent associés aux excès alimentaires et à la cellulite.

E25 – Tianshu : réguler l’estomac et les intestins

E36 – Zusanli : soutenir la digestion et l’énergie

Le point E36 (Zusanli), situé sous le genou, est lui aussi, l’un des points les plus utilisés en acupuncture traditionnelle.

Selon la MTC, il permet de :

  • renforcer la Rate et l’Estomac ;
  • soutenir la digestion ;
  • améliorer l’énergie générale ;
  • limiter les fringales et la fatigue.

Visant à améliorer le métabolisme énergétique et réduire l’appétit, en automassage, ce point peut être stimulé par de lentes pressions circulaires pendant une à deux minutes sur chaque jambe.

E36 – Zusanli : tonifier l’énergie digestive

RP6 – Sanyinjiao : drainer l’humidité

Le point RP6 se trouve au-dessus de la cheville interne. Il est considéré comme un point majeur pour :

  • drainer l’humidité ;
  • soutenir les fonctions digestives ;
  • agir sur les compulsions émotionnelles ;
  • améliorer la circulation des liquides.

La stimulation douce de ce point est souvent proposée dans les approches de relaxation et de gestion du stress alimentaire.

RP6 – Sanyinjiao : drainer l’humidité

L’auriculothérapie : agir sur les compulsions alimentaires

L’auriculothérapie -ou acupuncture auriculaire- occupe une place importante dans les études sur le surpoids.

Certains points de l’oreille sont traditionnellement associés :

  • à la sensation de satiété ;
  • au contrôle des compulsions ;
  • à la réduction du stress ;
  • à l’équilibre émotionnel.

L’automassage en complément de l’acupuncture

La médecine chinoise recommande souvent de prolonger les effets des séances grâce à l’acupression et à l’automassage.

Les techniques les plus fréquemment proposées consistent à :

  • masser le ventre dans le sens des aiguilles d’une montre ;
  • stimuler doucement les points E36 et RP6 ;
  • associer ces gestes à une respiration lente et profonde.

Ces pratiques visent principalement à réduire le stress, améliorer la conscience corporelle et favoriser une meilleure régulation alimentaire.

Une approche globale du surpoids

Les recherches actuelles rappellent que l’acupuncture agit surtout comme un accompagnement complémentaire au sein d’une approche plus globale. Les meilleurs résultats sont observés lorsqu’elle s’intègre à :

  • une alimentation adaptée ;
  • une activité physique régulière ;
  • une amélioration du sommeil ;
  • une meilleure gestion émotionnelle.

La médecine traditionnelle chinoise considère en effet que le surpoids ne dépend pas uniquement des calories consommées, mais aussi de la qualité de la digestion, de l’état émotionnel et de l’équilibre énergétique général.

* CUN

Qu’est-ce qu’un cun ?

Le cun (寸) est une unité proportionnelle anatomique.
Il ne correspond donc pas à une longueur fixe en centimètres.

En médecine traditionnelle chinoise, chaque personne sert de propre référence de mesure. Cela permet d’adapter précisément la localisation des points à la morphologie de chacun.

Repères classiques

1 cun correspond approximativement :

  • à la largeur du pouce au niveau de la dernière phalange.

3 cun correspondent approximativement :

  • à la largeur de quatre doigts serrés (index à auriculaire).

C’est exactement ce que l’on utilise pour localiser des points comme :

RP6 (Sanyinjiao).

E36 (Zusanli) ;

Bibliographie

Sources scientifiques et institutionnelles

NCBI Bookshelf – Systematic review on Chinese medicine and acupuncture for obesity

PubMed – Efficacy and Safety of Acupuncture for Obesity (Université de médecine chinoise de Nankin)

Frontiers in Medicine – Systematic review and network meta-analysis of acupuncture modalities for obesity

PubMed – Acupuncture in the treatment of obesity (Université Aristote de Thessalonique, Grèce)

Nature – International Journal of Obesity : Acupuncture for the treatment of obesity

PMC – Acupuncture on Obesity: Clinical Evidence and Possible Neuroendocrine Mechanisms (Shanghai University of Traditional Chinese Medicine)

Les illustrations sont données à titre indicatif et pédagogique, pour plus de précision reportez-vous vers des ouvrages de conventions anatomiques classiques de la Médecine Traditionnelle Chinoise.